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Unibail-Rodamco-Westfield cède la majorité du capital de cinq grands centres commerciaux

Veröffentlicht am
13.02.2020
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L'heure reste au régime strict pour Unibail-Rodamco-Westfield (URW), géant mondial des centres commerciaux. En marge de la publication de ses résultats annuels, le groupe a annoncé la création d'une joint-venture avec Crédit Agricole Assurances et le groupe spécialiste de la gestion d'actifs La Française pour gérer cinq de ses grands centres commerciaux. Ce consortium de nouveaux investisseurs détiendra 54,2 % de ces actifs à savoir Aéroville (Roissy), So Ouest (Levallois-Perret), Rennes Alma, Toison d'Or (Dijon) et Confluence (Lyon). Unibail-Rodamco-Westfield conservera 45,8 % et continuera à exploiter ces sites commerciaux.


Ouvert en 2012 à Lyon, le centre commercial Confluence draine 10,2 millions de visiteurs par an. - URW


La transaction devrait être finalisée à la mi-2020. La mise en joint-venture de ce portefeuille de centres de shopping (soit en tout 320 800 mètres carrés et 42,5 millions de visiteurs), permet au groupe de dégager un produit de 1,5 milliard d'euros. Cette décision s'inscrit dans une stratégie de cessions d'actifs enclenchée par URW.

Le groupe s'est en effet fixé une cure d'amaigrissement - six milliards d'euros de ventes au total - pour équilibrer son patrimoine à la suite d'une opération majeure, l'intégration en 2018 de Westfield, gros propriétaire de centres commerciaux aux États-Unis et au Royaume-Uni. "On est en avance (...) en matière de cessions d'actifs", a tenu à indiquer le directeur général pour l'Europe du groupe, Michel Dessolain, lors d'une conférence téléphonique de présentation de son bilan 2019.

Ce dernier est d'ailleurs meilleur que prévu. Le bénéfice récurrent, indicateur de référence des foncières, a progressé de 9,3 % à 1,76 milliard d'euros, au-dessus des attentes des analystes, et le chiffre d'affaires a pris plus de 15 % à 2,49 milliards. Mais le groupe est prudent pour 2020. Indicateur le plus représentatif de ses performances, le bénéfice ajusté par action devrait tomber entre 12,10 et 12,30 euros, après avoir déjà reculé de 4,3 % à 12,37 euros l'an dernier.

L'opération de rapprochement avec Westfield, qui a d'ailleurs largement contribué à la hausse du bénéfice l'an dernier, a fait gonfler d'une vingtaine de milliards d'euros le patrimoine d'URW, seule foncière du CAC 40 et propriétaire entre autres du Forum des Halles à Paris. Mais elle a été mal accueillie en Bourse, où le titre a perdu un tiers de sa valeur depuis deux ans, contraignant URW à engager de grosses cessions qui le privent d'autant de loyers potentiels.

Morosité au Royaume-Uni



L'accélération des cessions, qui représentent désormais près de cinq milliards d'euros depuis le rachat de Westfield, devrait théoriquement être compensée par le programme d'investissements du groupe, gage d'ouvertures ou d'extensions de futurs sites. Mais sur ce plan, URW réduit franchement ses ambitions. Voilà un an, il avait en vue plus de 11 milliards d'euros d'investissements. Désormais, ce ne sont plus que 8,3 milliards.

"Un certain nombre de projets (...) ont connu des vicissitudes administratives", a admis Michel Dessolain, faisant notamment référence au projet Val Tolosa qui se heurte, vers Toulouse, à des oppositions locales et plusieurs décisions de justice.

Surtout, "d'autres projets n'avaient pas les critères de rentabilité souhaités par le groupe et (sont) donc sortis du pipeline de développement", a-t-il admis, rapportant que certains d'entre eux seraient revus en profondeur. A ce titre, il a évoqué, sans l'identifier, un projet de centre abandonné en l'état mais qui pourrait être relancé en ne conservant qu'une partie commerciale "très minoritaire".

Le groupe fait face, comme le reste du secteur, à un contexte difficile pour les commerces physiques confrontés en particulier à l'essor du commerce en ligne, même s'il souligne la hausse générale de la fréquentation de ses centres.

Les performances d'URW, qui mise sur de nombreuses animations dans ses centres, restent, de fait, bonnes dans la majeure partie des pays où il est présent, comme la France, l'Europe centrale, ou l'Espagne.

Mais "au Royaume-Uni, l'année est plus contrastée", a reconnu Michel Dessolain. URW a mis un pied dans ce pays avec son rachat de Westfield. Mais le niveau des loyers perçus par le groupe y a nettement baissé, au moment où les grands magasins britanniques sont plus largement dans une période noire. "Nous avons engagé de solides efforts qui commencent à porter leurs fruits", a promis Michel Dessolain.

Avec AFP

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