Primark reste solide en Europe, mais le marché allemand est problématique

Les résultats de Primark sont tombés mercredi : les chiffres intermédiaires pour la période de 24 semaines qui a pris fin le 2 mars confirment la croissance impressionnante de l'enseigne irlandaise.


Primark/Centre:MK

Sa société mère, Associated British Foods (ABF), s'est félicitée de cette « série de résultats solides », bien que l'augmentation de 1 % du chiffre d'affaires de Primark, à 7,532 milliards de livres (8,702 milliards d'euros), n'ait rien de véritablement impressionnant. Pourtant, la croissance de Primark a facilement dépassé celle des autres divisions du groupe, démontrant un fort potentiel de croissance, même sans distribution e-commerce - d'ailleurs, malgré les rumeurs, la marque irlandaise ne semble pas disposée à se lancer sur Internet pour le moment.

Le bénéfice ajusté avant impôts de la société mère est resté stable à 627 millions de livres (725 millions d'euros), mais Primark a dépassé les attentes. Le PDG du groupe, George Weston, a salué sa force et déclaré que Primark « a permis une excellente croissance des bénéfices du groupe, stimulée par nos efforts sur le développement de l'expérience client et l'expansion de notre surface de vente ».

Primark a vu son bénéfice d'exploitation ajusté augmenter de 25 %, à 426 millions de livres (492 millions d'euros), « reflétant l'expansion continue de sa surface de vente et l'amélioration de ses marges, stimulées non seulement par des taux de change favorables, mais aussi par des achats mieux ciblés ».

Le chiffre d'affaires de Primark a augmenté de 4 %, pour atteindre 3,6 milliards de livres (4,2 milliards d'euros), et cette croissance devrait se poursuivre, les premières réactions des clients à son offre printemps-été 2019 ayant été « encourageantes ».

Si l'augmentation de la surface commerciale a tiré vers le haut la croissance des recettes, le chiffre d'affaires à périmètre et change constants a baissé de 1,5 %, ce qui n'a clairement pas affecté les résultats puisque la société a pu bénéficier d'une « marge nettement supérieure ». La marge d'exploitation a atteint 11,7 %, en nette augmentation par rapport à la même période de l'exercice précédent (9,8 %).

Forces et faiblesses

Point important : la société a déclaré que « le Royaume-Uni a une nouvelle fois réalisé une bonne performance » au premier semestre. Le chiffre d'affaires a progressé de 2,3 %, ainsi que les ventes à périmètre et change - mais seulement de 0,6 %. Sa part du marché total de l'habillement, de la chaussure et des accessoires a augmenté « sensiblement ». L'effet de la faible fréquentation en novembre a été compensé par une bonne activité sur tous les autres mois, avec une forte croissance au cours des deux dernières semaines, sous l'effet de températures plus clémentes par rapport à la météo glaciale de l'année dernière.

Le chiffre d'affaires de la zone euro a progressé de 5,3 % par rapport à l'année dernière, sans tenir compte de l'incidence du change. En données comparables, le chiffre d'affaires est en recul de 3,2 %, sous l'effet de la baisse du marché allemand et d'une baisse de la fréquentation en novembre partout dans le monde. 

L'Espagne, la France, l'Italie, la Belgique et l'Italie ont connu une croissance particulièrement forte de leur chiffre d'affaires. Mais l'Allemagne reste un problème. Dans ce pays, ABF a « renforcé l'équipe de direction pour faire face à la situation qui reste difficile ». Le groupe britannique va également « réduire l'espace de vente dans un petit nombre de magasins allemands afin d'optimiser leur base de coûts », ce qui souligne l'ampleur des enjeux sur ce marché.

Mais l'entreprise s'est dite « heureuse de gagner des parts de marché substantielles sur les marchés européens, particulièrement compétitifs ». 

Qu'en est-il des États-Unis ? Le chiffre d'affaires de Primark a continué d'y progresser « fortement, soutenu par l'excellente activité du magasin de Brooklyn, récemment ouvert, et par la croissance de ses revenus à périmètre et change constants ». Mais les activités de la marque irlandaise ne sont pas encore rentable sur ce marché. « Conjuguée à l'augmentation de la rentabilité des magasins liée à la réduction de l'espace de vente chez Freehold et Danbury l'an dernier », l'augmentation de ses ventes comparables s'est traduite par une « forte amélioration de sa perte d'exploitation aux États-Unis ».

Primark a beaucoup d'importance pour ABF : sur les 382 millions de livres investies au cours de la période par le groupe, plus de la moitié de cette somme a été consacrée au développement de Primark.

La marque continue d'accroître sa présence, malgré quelques réductions ponctuelles de ses surfaces de vente. Primark va ouvrir un magasin à Ljubljana, son premier en Europe centrale. Et d'autres inaugurations sont prévues en Pologne et en République tchèque.

Traduit par Paul Kaplan

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