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Ouïghours: la Commission européenne prête à bannir les produits du Xinjiang ?

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19.09.2021

La présidente de la Commission Européenne Ursula von der Leyen a indiqué que le pouvoir exécutif de l'UE allait proposer un bannissement des produits issus du travail forcé. Si la Chine n'a pas été directement évoquée, la déclaration intégrerait cependant les produits textiles du Xinjiang, province chinoise accusée d'appliquer une logique de travail forcé à la minorité musulmane locale: les Ouïghours.


Ursula von der Leyen - Commission Européenne



"Vingt-cinq millions de personnes dans le monde sont contraintes ou menacées de travail forcé", a indiqué la patronne de l'exécutif européen lors de son discours sur l'état de l'Union. "Nous n'accepterons jamais qu'elles soient contraintes de fabriquer des produits pour que ces derniers soient ensuite proposés à la vente ici en Europe. Nous proposerons donc d'interdire sur notre marché les produits qui ont été fabriqués au moyen du travail forcé. Les droits de l'homme ne sont à vendre à aucun prix".

Une nouvelle qui n'a pas tardé à susciter des réactions. En particulier dans les rangs des députés européens, et notamment ceux ciblés récemment par des sanctions chinoises. "Enfin !" s'est ainsi félicité l'un deux, Raphael Glucksmann, qui prévient: "C’est ce que nous demandons depuis des mois. Les multinationales vont tout faire pour bloquer cette mesure. Mobilisons-nous !"

Une réaction que l'on retrouve également du côté de l'organisation Sherpa. "Sherpa fait campagne depuis 20 ans pour rendre les multinationales responsables des violations des droits de l'homme dans leurs chaînes de valeur. Nous restons mobilisés pour obtenir des propositions concrètes sur la responsabilité des entreprises afin d'initier un changement systémique au niveau européen" a indique celle-ci.

Reste qu'Ursula von der Leyen n'a pas directement impliqué la Chine lors de son évocation du travail forcé. Ce qui peut en partie expliquer l'absence, pour l'heure, de réaction de Pékin face à cette perspective. Pour rappel, la Chine réfute toute accusation de travail forcé, tout en assumant parfaitement la présence d'établissements fermés destinés à la formation et à l'intégration de la minorité des Ouïghours.

En revanche, Pékin est intervenu au lendemain des déclarations européennes concernant la nouvelle stratégie de relation UE-Chine décidée par le parlement européen. Dénonçant un rapport qui "accuse la Chine sur des questions liées à Hong Kong, Xinjiang et Taiwan sur la base de préjugés et de mensonges", selon un porte-parole. " Dans la situation complexe actuelle, où les défis mondiaux s'entremêlent et se multiplient, il est particulièrement important de veiller à ce que les relations Chine-UE ne soient pas détournées par les idéologies et la géopolitique".


Des travailleurs Ouïghours dans une usine d'Hotan (Xinjiang) en 2019 - - Shutterstock



En France, silence surprenant à l'Ambassade de Chine. L'ambassadeur Shaye Lu s'était pourtant illustré en qualifiant de "petite frappe", "troll idéologique" et "hyène folle" le chercheur de la Fondation pour la Recherche Stratégique Antoine Bondaz, très vocal sur le cas des Ouïghours. Insultes qui, ajoutées aux sanctions chinoises contre des parlementaires européens, avait entrainé une convocation au Quai d'Orsay de l'Ambassadeur, qui avait en outre accusé le personnel des Ephad français d'avoir "abandonné leurs postes" durant la crise, et laisser des résidents "mourir de faim et maladie". Hasard du calendrier: le jour-même du discours de Ursula von der Leyen, Shaye Lu communiquait sur sa rencontre avec le recteur de la Grande Mosquée de Paris, Hafiz Chems-eddine.

En face, l'Institut Ouighour d'Europe a pris acte des déclarations européennes. Mais l'instance, qui organise le 2 octobre à Paris une manifestation contre le travail forcé des Ouïghours, veut aller plus loin. "Les faits sont désormais connus, nous devons réagir ! Nous voulons une reconnaissance et condamnation officielle du #génocideouïghour en #France et toute l’UE", indiquent ses représentants.

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