Les groupes français dominent la mode européenne, mais l'Italie se défend bien

A l'occasion de son premier Fashion Annual Talk, Mediobanca a présenté le 13 février les résultats du Focus Moda conduit par le pôle études de Mediobanca, qui a analysé la tendance entre 2013 et 2017 de 163 entreprises italiennes de mode avec des chiffres d’affaires supérieurs à 100 millions (FY 2017), en comparant ensuite les 15 premières avec les principales sociétés européennes.


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La valeur ajoutée agrégée des 163 entreprises examinées a été égale à 1,3 % du PIB en 2017, en très légère hausse (+0,2 %) par rapport à 2013. On signale qu’un tiers du chiffre d’affaires est généré par les sociétés de propriété étrangère (66 entreprises), principalement française (26 entreprises), suisse (6), américaine (6) et du Royaume-Uni. 48 % des 163 sociétés ont leur siège dans le nord de l’Italie et les secteurs les plus représentés sont l’habillement, la maroquinerie et la lunetterie.
 
Le secteur le plus dynamique reste la joaillerie ; viennent ensuite, à égalité, l’habillement et le textile, alors que les top performers par rentabilité sont la maroquinerie et la lunetterie. Au cours des cinq années en question, les ventes ont augmenté de 28,9 %, mais la rentabilité a légèrement baissé (-0,7 %), mais pas pour tous les secteurs: la marge EBIT a en effet augmenté de 3,5 % pour le textile et de 2,4 % pour la joaillerie. Environ 63 % du chiffre d’affaires est généré à l'étranger, avec des pics de 89,8 % pour la lunetterie, 72,5 % pour le textile et de 66,1 % pour la maroquinerie ; habillement et joaillerie sont stables, respectivement, à 53,5 % et à 36,4 % d'export.
 
Les 15 premières entreprises de l'échantillon, toutes avec plus de 900 millions de chiffre d’affaires en 2017, ont enregistré une rentabilité plus élevée par rapport aux autres, même si en légère baisse durant les cinq années ; les plus petites entreprises (dont l’EBIT a augmenté au cours de la période) enregistrent en revanche une hausse moyenne annuelle des ventes plus élevée par rapport aux grandes. « Il est intéressant de souligner qu’en 2013, le bénéfice net de l'échantillon était généré à hauteur de 77,7 % par les 15 premières entités ; valeur descendue à 56,2 % en 2017. Cela signifie que les profits sont distribués de façon équitable entre les deux catégories », a expliqué Nadia Portioli, du pôle études de Mediobanca.


Le premier Fashion Annual Talk de Mediobanca
 
Les 15 sociétés italiennes leaders ont donc été comparées à leurs homologues européennes, pour un total de 43 groupes qui en 2017 ont dépassé les 900 millions d'euros de chiffre d’affaires. L'Italie est en tête du classement par nombre d'entreprises, mais en termes de chiffre d’affaires, c’est la France qui prend la première place, avec 68,4 milliards d'euros par rapport aux 30,3 milliards de l'Italie.
 
« Les trois premières entités françaises, LVMH, Kering et Hermès, facturent à elles seules presque autant que toutes les 163 entreprises italiennes examinées », a poursuivi Nadia Portioli. « Les Danois et les Espagnols ont été les plus dynamiques au cours de la période, avec une croissance à deux chiffres, alors que la Suisse a connu une baisse, causée surtout par la tendance en repli de Swatch. Les chiffres d’affaires des entreprises européennes examinées sont générés en moyenne à hauteur de 85,2 % à l'étranger, par rapport aux 78,3 % de l'Italie, qui a donc beaucoup de possibilités de croissance en dehors de son pays. Cas singulier qu’est celui du Royaume-Uni, qui exporte seulement 52,8 %, car en marge des grandes marques comme Burberry, il y a beaucoup de petites marques qui vendent uniquement localement, mais qui pourraient s’étendre au niveau international dans le futur, comme Primark. »
 
Pour résumer, le cadre dépeint par le Focus Moda de Mediobanca présente des entreprises italiennes plus capitalisées et liquides par rapport à ses homologues européennes, mais avec une croissance moitié moins forte et qui sont moins rentables. « La mode italienne est solide et entraînée par l'export : tout le monde, en effet, recherche le made in Italy et envie notre créativité », a conclu Nadia Portioli. « Nous sommes petits et avons une croissance plus lente, mais nous nous défendons bien au niveau européen. »

Traduit par Sonia Broyart

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