Les entreprises, "boucs émissaires" de la révolte, selon le Medef

Paris (Reuters) - Les entreprises sont en train de devenir les « boucs émissaires » de « la révolte fiscale », a estimé vendredi le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, mettant en garde contre toute tentation de faire peser sur les entreprises l’abandon de la hausse de la taxe carbone.


Le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux - Photo prise le 28 août 2018/REUTERS/Benoit Tessier

Le gouvernement a annoncé mercredi l’abandon de cette augmentation, qui devait entrer en vigueur en janvier, une « mesure d’apaisement » à l’égard des « gilets jaunes » qui va se traduire par un manque à gagner de quatre milliards d’euros en 2019.

Pour tenter de compenser cette perte, l’exécutif réfléchit à plusieurs pistes. Selon Les Echos, il envisagerait entre autres de faire une pause dans sa volonté de ramener le taux de l’impôt sur les sociétés (IS) à 25 % à l’horizon 2022.

« On est en train de faire des entreprises le bouc émissaire de cette révolte fiscale », a mis en garde Geoffroy Roux de Bézieux sur France Inter. « C’est le sapeur Camember (soldat simplet, héros des premières bandes dessinées françaises, ndlr) : je supprime un impôt pour les ménages et comme je ne réduis pas les dépenses publiques je me tourne vers qui ? Vers les entreprises. »

« Les entreprises, ça ne manifeste pas, ça ne bloque pas les ronds-points, ça ne défile pas sur les Champs-Elysées, simplement ça arrête de créer des emplois », a estimé le président de la principale organisation patronale.

« Qu’est-ce qui va se passer si on se tourne vers les entreprises pour augmenter les impôts, il y aura malheureusement le chômage qui va repartir à la hausse, c’est ce qui se passe depuis 30 ans dans ce pays », a-t-il poursuivi. « Si on veut que (les entreprises) ferment des sièges, des usines, augmentons les taxes. »

Concernant l’annonce, par le Premier ministre Edouard Philippe, d’un système de « prime exceptionnelle » de fin d’année défiscalisée et versée par les entreprises aux salariés, c’est « une bonne idée ». « Là où ça va bien on pourra faire un geste. »

« Celles qui le peuvent le feront », a-t-il souligné. « Mais les situations sont très contrastées, le commerce subit la concurrence d’Amazon, (...) vient de prendre un mois de ventes catastrophique et malheureusement décembre va être une catastrophe donc ça sera très difficile mais dans d’autres secteurs qui marchent bien et qui se portent bien c’est sûrement possible. »

Marine Pennetier, édité par Yves Clarisse

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