Le grand come-back de Salvatore Ferragamo sur la scène florentine

Salvatore Ferragamo a conclu en beauté la première journée du Pitti Uomo mardi soir avec le tout premier show masculin signé par son directeur artistique, Paul Andrew. De retour sur les podiums florentins, où elle a défilé par le passé, la griffe a choisi comme décor la place symbole de la ville, Piazza della Signoria, concédée pour la première fois pour un tel événement.


Le Palazzo Vecchio servait de décor exceptionnel au défilé - Salvatore Ferragamo

Dans une chorégraphie parfaitement orchestrée, au rythme soutenu de tubes des années 1980, tels « Love is the Drug » des Roxy Music, « Fashion » de David Bowie ou encore « I feel love » de Donna Summer, les mannequins sortaient et entraient du Palazzo Vecchio pour traverser la scène installée au pied de l’imposant bâtiment-forteresse accueillant l’hôtel de ville et tout du long de la Loggia dei Lanzi.

Elancés, jeunes ou plus âgés, les modèles dégageaient fraîcheur et légèreté, en lunettes de soleil ou le bandeau dans les cheveux, fendant cet espace imprégné d’histoire avec une dégaine décontractée mais jamais déplacée, dans leur gabardine colorée ou coupe-vent ondulant sous la brise de la soirée. En combinaison de nylon ou en costume de banquier high-tech, les silhouettes se succédaient, proposant une allure sportive mais élégante avec des blousons parachute impalpables froncés autour du cou, des parkas et beaucoup de gilets dans toutes les tailles et les matières.

Cette collection pour le printemps-été 2020 s’inspire principalement des archives de la Maison, période 1920-30-40, revisitées dans un esprit jeune et cosmopolite. En partant du légendaire modèle de sandales Rainbow réalisées en 1938 par Salvatore Ferragamo pour l’actrice et chanteuse Judy Garland. Reprenant cette même palette arc-en-ciel des sandales, les 41 looks masculins et les 16 silhouettes féminines ont défilé dans un dégradé de nuances allant des teintes les plus évanescentes (vert délavé, sable, crème) à des couleurs plus prononcées (rouille, caramel, bleu outremer, orange, pourpre, prune).

Workwear et tailoring fusionnent dans un équilibre idéal. Les tenues à la fois confortables et chics, classiques et modernes, informelles et sophistiquées composent la garde-robe du nouvel homme Ferragamo à l’élégance intemporelle. Il enfile un t-shirt en cuir ultra-souple couleur mastic sur un pantalon en coton blanc, dont le bas de la jambe est discrètement zippé à la verticale permettant de le resserrer selon ses envies. Le gilet en cuir de motard est jaune paille avec des poches zippées, un tricot moulant à manches courtes dans une texture un brin rétro se porte avec un pantalon en cuir terre de Sienne.

Une chemise en coton bleue est froncée tout le long du dos. Un bomber, confectionné dans une gabardine moutarde avec des galons en cuir le long des manches, s’endosse sur une combinaison en coton. « Cette collection est très transversale. Elle reflète la clientèle de la griffe. Elle est multigénérationnelle, s’adressant à l’homme de 17 à 70 ans », explique Paul Andrew, qui a travaillé avec le head of design pour le menswear, Guillaume Meilland, les deux sortant saluer ensemble à la fin du défilé.

« Vous ne trouverez jamais de hoodies, ni de maxi-logos chez Ferragamo ! J’habille un homme jeune et mûr à la fois, qui a de la classe et apprécie le luxe authentique des produits bien faits », ajoute-t-il. Tout se joue sur les détails, par exemple avec ces poches zippées amovibles ou modulables grâce à leur bord coulissé où s’enfile un petit cordon.


Une silhouette pour l'été 2020 - Salvatore Ferragamo

Mais aussi et surtout l’accent est mis sur les matières, comme l’illustre ce costume vert d’eau dans un cuir travaillé avec un effet papier craquant. La griffe a effectué en particulier un grand travail de recherche mêlant « high-tech » et « high-craft », injectant une bonne dose d’innovation dans les savoir-faire traditionnels avec des lins techniques, des jerseys de coton effet caoutchouc, etc.

Côté accessoires, Paul Andrew propose de très beaux sacs en peau de cerf souples, simples et fonctionnels, ainsi que des souliers-sneakers aux formes classiques et sobres rehaussés par une épaisse semelle en caoutchouc qui reprend en relief la trame de la corde des espadrilles. Les espadrilles aussi sont modernisées, réalisées en suède avec une semelle haute. Tout comme le modèle « Kimo » de 1951 aux empeignes interchangeables, inspiré des chaussures japonaises, qui est remis au goût du jour.

Chez les femmes, les robes sont ajourées en dentelles ou en macramé dans un esprit seventies. Comme les hommes, elles portent aussi des costumes et de superbes pantalons en cuir. Pour le final, le designer rend hommage aux lieux en proposant une série de pièces imprimées reprenant les dessins de la célèbre fontaine de Neptune, qui trône sur la place près du Palazzo Vecchio.

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