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22.05.2007
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Chasseur de tendances à Tokyo, laboratoire mondial de la mode

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AFP
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22.05.2007

TOKYO, 22 mai 2007 (AFP) - Depuis sept ans, Loïc Bizel, un Français de 35 ans, arpente les rues de Tokyo, appareil photo en bandoulière, à la recherche des ultimes tendances de la capitale nippone devenue, selon lui, un des trois nouveaux pôles mondiaux de la mode aux côtés de Londres et de Los Angeles.


Passants de la quartier de Ginza à Tokto - Photo : Yoshikazu Tsuno/AFP

De Paris Hilton, figure de la jet-set internationale, à la reine du R&B Beyoncé Knowles, de nombreuses stars s'habillent désormais à Tokyo, où certaines marques réussissent même à y lancer des concepts avant de conquérir la "Vieille" Europe.

Installé au Japon depuis onze ans, Loïc Bizel a fondé "LeBiz Tokyo", une société qui veille le marché de la mode pour des sociétés étrangères et organise des visites guidées du Tokyo de la mode.

Chaque mois, ce Lyonnais met à disposition de ses clients 700 photos prises dans les rues de Tokyo, notamment dans les quartiers jeunes comme Shibuya ou Harajuku, lieux de prédilection des "fashion victims".

"Ma journée débute vers midi quand les boutiques ouvrent. Je fais deux ou trois heures de photo et essaie de repérer les silhouettes intéressantes", explique-t-il à l'AFP.

Son travail consiste aussi à s'informer à l'avance auprès des acheteurs des tendances qu'ils comptent introduire six mois plus tard dans leurs boutiques puis d'observer leurs évolutions dans la rue nippone décrite comme "très créative".

"Vu de loin, on a l'impression que tous les Japonais branchés s'habillent pareil. Mais dès qu'on les observe de plus près, on s'aperçoit qu'ils sont tous différents", explique Loïc Bizel.

La caractéristique de la mode tokyoïte réside "dans la recherche du détail et de la customisation" des accessoires ou des coupes de cheveux, notamment "pour être différent", souligne-t-il.

En outre, le Japonais n'est "pas sectaire". "Il peut s'habiller en rocker le dimanche et être salaryman (salarié) le lundi".

Le chasseur de tendances compte parmi ses clients des directeurs d'achat étrangers, notamment de grands magasins parisiens, de plus en plus nombreux à venir découvrir les dernières courants de mode à Tokyo.

De fait, si Los Angeles domine en matière de "streetwear" (mode de rue), que Londres est devenu La Mecque mondiale des jeunes designers, Tokyo, affirme-t-il, est un "laboratoire mondial" qui réunit tous les styles: luxe, marques japonaises branchées, nouveaux créateurs mais aussi derniers concepts des grands couturiers internationaux.

Plusieurs facteurs expliquent la place prépondérante prise par la capitale nippone, à commencer par un circuit de distribution très développé et une "énorme offre de produits".

"Les Japonais ont aussi un très fort pouvoir d'achat", souligne M. Bizel, évoquant l'énorme masse de employées féminines dites "office ladies", célibataires endurcies restant souvent le plus longtemps possible chez leurs parents.

"Ces office ladies qui gagnent entre 2 000 et 2 500 euros par mois dépensent tout dans la mode, les voyages, les restaurants et le bon vin", affirme-t-il.

Alimentée par les quelque cent cinquante magazines de mode qui s'arrachent dans les kiosques, la passion pour la mode est "poussée à l'extrême".

"Les Japonais approfondissent leurs connaissances jusqu'à ce qu'ils soient au top, comme quand ils se mettent au golf. Certains n'ont jamais eu un club dans les mains, mais ils s'habillent comme Tiger Woods", assure-t-il.

Les innombrables magasins de vêtements de Tokyo rivalisent d'imagination en matière de design intérieur pour attirer et fidéliser le chaland, toujours accueilli comme un roi dans des boutiques impeccables, relève le Français.

Loïc Bizel voit dans cette folie vestimentaire "une réaction à l'uniforme" imposé à tous les écoliers ou plus tard dans l'entreprise où est de mise le complet-veston sombre.

En outre, l'apparence "compte énormément" dans la société japonaise.

"Les Japonais n'invitent pas chez eux, car ils vivent dans de petits appartements. Du coup, ils expriment et montrent leur statut social par le vêtement", dit-il.

Par Mié KOHIYAMA

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