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AFP-Relaxnews
Veröffentlicht am
12.07.2021
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Baptiste Giabiconi : "On peut porter de la fausse fourrure de haute qualité et avoir du style"

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AFP-Relaxnews
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12.07.2021

Habitué à défiler pour les plus grandes maisons de luxe, Baptiste Giabiconi a troqué sa casquette de mannequin pour celle de fondateur et directeur artistique de sa propre marque House on Fire. Un label de fausse fourrure qui se veut engagé, accessible à tous, et surtout respectueux de l'environnement et du bien-être animal. A travers cette nouvelle marque de mode, le mannequin souhaite partager des valeurs qui lui sont chères, et davantage encore réunir, sans distinction de genre et de culture. Rencontre. 


DR


Pourquoi lancer une marque de mode en fausse fourrure?

Baptiste Giabiconi : La fausse fourrure est une matière hyper tendance et ludique. On peut faire toutes sortes d'imprimés, de formes, avec des touchers très variés, très doux ou plutôt brut. J'ai trouvé cela passionnant. D'un point de vue créatif, il n'y a pas de limite et c'est cela aussi qui m'a plu. Il y a également un concept derrière cette matière: le processus d'imitation d'un pelage, le fait de rendre hommage à la beauté des animaux, et le côté 'feel good' de la matière qui fait qu'aucun animal n'a été utilisé. Et puis que signifie 'vrai' et 'faux' dans notre société actuelle ou les lignes bougent ? Il y a un symbole sympa. Ça me plait.

Pouvez-vous nous présenter ce nouveau label?

BG : House on Fire est une marque qui prône avant tout l'acceptation ! Elle refuse d'être cataloguée et ne souhaite rentrer dans aucune case. J'ai voulu créer une identité forte en termes de conviction mais surtout accessible à tous. Il est possible de porter de la fausse fourrure de haute qualité et d'avoir du style ! Je suis fier d'avoir présenté d'aussi nombreuses pièces pour un premier show ! Il y a des lunettes, des chapeaux, des manteaux, des shorts, des pantalons et des chaussures. Nous avons travaillé d'arrache-pied avec le studio pour être fiers de présenter 'House on Fire 100% FAKE FUR' le jour J.

Pourquoi l'avoir appelée "House on Fire"?

BG : Je n'ai pas pour habitude de respecter les codes. J'aime me dire que de grandes marques réfléchissent encore aujourd'hui à remplacer leurs vraies fourrures par du faux. Pour ma part, pour ma première collection, je voulais être engagé !

House on Fire se présente comme une marque "gender fluid, animal friendly and sustainable". Est-ce que vous ciblez essentiellement la nouvelle génération, la Gen Z?

BG :Oui, cette nouvelle génération est très militante et c'est une bonne chose ! Elle se fiche des conventions. La seule préoccupation pour beaucoup de jeunes, c'est de créer du lien et de l'unité, peu importe leur identité, leur milieu, leur culture. C'est ce que cherche à faire House On Fire : donner une tribune à ce message. Ne pas faire de ségrégation parmi les genres et les peuples, être le plus écolo possible… Ce sont des valeurs fortes que je veux mettre en avant avec la marque.

Avez-vous déjà une pièce fétiche?

BG :Oh que oui ! Deux mois avant le show, j'avais plus de cinquante manteaux coups de cœur ! C'était difficile de choisir mais j'ai pris le temps de faire une collection qui me ressemble.

Quand est née cette envie de lancer votre propre marque de mode?

BG :Alors là, vous seriez surpris ! Depuis très longtemps… Je l'ai toujours eu dans un coin de ma tête. J'ai eu des dizaines de propositions pour m'aider à développer ma collection, mais je voulais trouver un concept fort et les bonnes personnes. Aujourd'hui, j'ai une équipe incroyable et, au vu des retours du show, je suis extrêmement fier de nous.

Vous-même, avez-vous été un adepte de la vraie fourrure?

BG :Oui, j'ai déjà porté des pièces en vraie fourrure pour des shows ou des campagnes. Mais aujourd'hui, je refuse de véhiculer des valeurs qui ne sont pas les miennes. Et en plus, les qualités de la fausse fourrure sont incroyables.

En quoi est-il est aujourd'hui indispensable que l'industrie de la mode s'engage pour le respect de la planète et le bien-être animal?

BG : La pression des activités humaines sur la planète est colossale. Il est temps de l'admettre et d'évoluer. Je vois que le monde de la mode a pris conscience ces dernières années de la nécessité de faire changer les choses et de réduire nos impacts quand cela est possible. En parlant avec les équipes lors de la conception de la collection, j'ai pu voir que les outils pour faire de la mode de manière plus vertueuse étaient déjà présents et qu'ils étaient amenés à évoluer. Cette incursion dans l'innovation textile est passionnante et surtout très prometteuse.

Puisqu'il est question de fourrure, il est impossible de ne pas penser à Karl Lagerfeld qui l'a magnifiée pendant plus de 50 ans pour Fendi. Est-ce un clin d'œil au grand couturier?

BG : Il y a bien sûr un clin d'œil. Mais Karl a également magnifié la fausse fourrure, notamment dans des shows pour Chanel, bien avant que cela ne soit à la mode. La question de l'utilisation de fourrure animale était pour lui un sujet de préoccupation et nous en parlions, car Karl était aussi un amoureux des animaux. Par exemple, en juillet 2018, pour sa collection Fendi, il a fait en sorte que 80% de la collection soit 'fur free' (sans fourrure) et il a assumé cela en le revendiquant dans des interviews. On peut dire que d'une manière discrète il a également essayé de faire évoluer les choses. Pour Chanel, il n'utilisait pas de vraie fourrure mais que de la fausse. D'ailleurs, on ne peut pas oublier sa légendaire punchline "You can't fake chic but you can be chic and fake fur" qui vaut tous les slogans publicitaires du monde.

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