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Aerth, nouvelle DNVB française du sport

Veröffentlicht am
23.07.2020
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4 Minuten
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De Sézane à Asphalte en passant par Bonne Gueule, les jeunes marques de vêtements françaises nées sur le Net (ou DNVB pour digital native vertical brand) sont plusieurs à avoir rencontré le succès auprès des consommateurs. En France, le modèle a encore été peu exploré sur le segment du sport. Et alors que les géants du secteur renforcent leurs capacités dans le digital pour s'adresser directement à leurs clients, un espace pourrait rester à prendre pour de nouveaux entrants.


T-shirt dessiné en France et produit au Portugal de Aerth - Aerth


C’est en tout cas l’analyse réalisée par les fondateurs de Aerth. La jeune marque française, qui débute son activité et entend proposer une offre premium de vêtements de sport techniques, dessine ses produits dans l’Hexagone et les confectionne au Portugal avec des matières durables. Dans son modèle d’activité, pas de canal de vente en gros : elle vend directement à ses consommateurs. Et joue la transparence sur l'origine de ses produits.

Pour identifier ce segment de marché, les entrepreneurs ont analysé les expériences à l’international. Les exemples de Tracksmith, sur le running aux Etats-Unis ou Rapha, sur le vélo en Angleterre, leur ont permis de valider les codes et le discours de leur marque. Pour se démarquer et séduire les consommateurs qu’elle cible, la marque a aussi validé une stratégie de production européenne, avec l'engagement de faire appel à des partenaires certifiés sur les sujets RSE.

Derrière ce projet se trouvent des cadres de haut niveau de l’industrie : Patrick Daniels ancien patron d’Esprit France et qui était récemment à la tête des ventes Europe d’Aigle, et Fabrice Pruniaux, spécialiste de la supply-chain qui a œuvré chez Amazon France. Les deux protagonistes se retrouvent ici autour du sport, après une rencontre au sein de Reebok au début des années 2000.

"Il y a 20 ans, les barrières techniques à l’entrée du marché des vêtements de sport étaient assez élevées. Travailler en Asie demande des minimums de commande importants, des délais conséquents. Au Portugal, ils travaillent différemment et sont devenus aujourd’hui très bons, en particulier sur la maille. Surtout, le sport est un marché sain et devrait le rester, tout en restant assez fun", explique Patrick Daniels qui chez Reebok se chargeait de construire les collections textiles pour les marchés européens.

"Depuis bientôt 20 ans, techniquement il y a eu des évolutions, mais stylistiquement cela n’a pas beaucoup bougé. Il y a beaucoup de consommateurs exigeants, très soignés au quotidien. Nous sommes certains qu’il est possible d’apporter un propos mode plus élaboré, plus proche du prêt-à-porter, tout en gardant la perspective de la performance sportive. Le temps de conception est multiplié car nous créons nos propres patrons, en cherchant la meilleure équation performance-style."

Aerth s’adresse ainsi aux adeptes du running, du fitness et des séances d’entraînement physique, avec pour son lancement quatre modèles de t-shirts vendus entre 60 et 75 euros. Rapidement l’offre va s’enrichir de modèles pour femme, de vestes et de pièces techniques pour la performance.

Campagnes ciblées sur les réseaux sociaux

Pour atteindre ses clients, la jeune marque fait donc l’impasse sur la vente en gros. "La boutique mondiale de Aerth est son site internet, et nous avons voulu dès le début avoir une version en français et en anglais. Il est le reflet de l’ADN de la marque avec une présentation détaillée de nos produits et un volet éditorial fort. Mais nous n’excluons pas de réaliser des pop-up stores à Paris à l’automne pour faire connaître la marque".

D’ici là, c’est via une newsletter et sur les réseaux sociaux, en particulier Facebook et Instagram, que la marque investit par des campagnes ciblées jouant sur les codes de la performance et du style pour parvenir à se constituer la si convoitée communauté.

Dans le contexte de pandémie mondiale de Covid-19, réaliser le lancement d’une marque peut paraître complexe. "En fait c’est une opportunité, malgré ce contexte compliqué", estime Patrick Daniels qui souligne l’appétence renforcée pour le sport durant et après le confinement. Digitale, responsable, performante et esthétique : si la marque Aerth parvient à cocher durablement toutes ces cases, l’avenir pourrait lui donner raison.  
 
 

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