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10.11.2022
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Adidas se montre solide en Europe mais reste fragile en Chine

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10.11.2022

Quelques minutes de prise de parole pour dresser un bilan express de ses six années à la tête du numéro 2 mondial du sport (avec une montée en puissance en Amérique du Nord et des avancées sur le volet environnemental), glisser une poignée de remerciements et une phrase convenue pour son successeur, qui était encore patron du fraternel rival Puma la semaine dernière. La dernière intervention de Kasper Rorsted, ce 9 novembre était express... avant, de laisser le directeur financier, Harm Ohlmeyer qui assurera l'intérim à la tête du groupe avant l'arrivée de Bjorn Gulden, présenter les résultats trimestriels du groupe allemand.


Adidas



Sur le trimestre, le groupe a vu ses ventes progresser de 11% à plus de 6,4 milliards d'euros. La marque aux trois bandes a notamment bénéficié de l'effet coupe du Monde de football qui débute le 21 novembre. Elle a dévoilé les tenues des équipes engagées et avance ainsi une progression de 36% des ventes de produits football. Le groupe souligne aussi une croissance de 16% de ses ventes Basketball, grâce en particulier à sa ligne Forum. Par ailleurs son offre performance est aussi dynamique en Running, avec une hausse de 24% des ventes. Adidas enregistre aussi des progressions de vente en ligne à deux chiffres en Amériques et en Europe (EMEA) et même en Asie, ses ventes repartent de l'avant mais les stocks très importants pénalisent largement son activité.

Au final, Adidas voit ses ventes atteindre 2,463 milliards sur la zone Europe Moyen-Orient Afrique, malgré l'impact de la guerre en Ukraine sur ses activités en Europe de l'Est et en Russie, avec une hausse de 10% de ses ventes par rapport au troisième trimestre 2021 (+7% à taux de change constant).

Ses résultats reportés sur l'Amérique du Nord sont gonflés par le dollar fort et ses ventes sur la région progressent de 25% à 1,75 milliard d'euros (+8% à taux de change constant). Les ventes en Chine sont toujours freinées avec un recul de 19% (-27% avant change) à 937 millions d'euros. Sur le reste de la zone Asie-Pacifique, Adidas voit ses ventes progresser de 15% à 579 millions alors que l'Amérique Latine progresse de 56% (51% avant change) à 633 millions d'euros. 

Harm Ohlmeyer souligne que les marges de la société ont été affectées par des coûts en constante augmentation sur sa chaîne d'approvisionnement mais aussi plus de prix barrés. Son résultat opérationnel a reculé de 16% à 564 millions d'euros. Sa marge opérationnelle est tombée de 11,7% l'an dernier à la même époque, à 8,8% en 2022. 

Le groupe n'a pas éludé les questions problématiques: le CEO par interim a mis en avant le plan de route des prochains mois qui vise notamment à clarifier les stocks de produits sur le marché Chinois ( qui historiquement apportait une très grande part de la rentabilité du groupe) et à rapidement revenir avec un réseau de vente et une proposition adaptée à sa clientèle chinoise. Le groupe qui a compté jusqu'à 12.000 points de vente dans cette région réduit son parc autour des 8.000 points de vente et vise une meilleure rentabilité des sites mais aussi des espaces de vente plus spacieux pour exprimer son univers.

La direction a aussi, forcément, pointé du doigt la question de la sortie du marché des produits Yeezy, bannis des étalages des magasins depuis la sortie antisémite de Kanye West, le fondateur de la marque développée avec Adidas depuis près de 10 ans avec qui le groupe allemand a rompu ses relations fin octobre.

"Cette décision devrait avoir un impact négatif à court terme allant jusqu'à 250 millions sur le revenu net de la société en 2022. Je peux confirmer qu'Adidas est le seul propriétaire de tous les droits de conception prêts à être utilisés pour les produits existants ainsi que pour les anciennes et nouvelles couleurs dans le cadre du partenariat et nous avons l'intention d'utiliser ces droits dès 2023", a souligné Harm Ohlmeyer. Le groupe s'attend donc à une fin d'année compliqué en termes de ventes et de rentabilité, notamment parceque Yeezy fait partie des produits forts du groupe pour la période de vente de fin d'année et réalisait près de 40% de ses ventes au dernier trimestre. Mais, selon son directeur financier, le groupe entend rattraper directement le manque à gagner en 2023, notamment par une politique de restriction des coûts aux différents niveaux de l'entreprise.
 

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