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Adidas ferme ses Speedfactories allemande et américaine pour les rouvrir en Asie

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today 12.11.2019
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Cela ressemble fort à un constat d’échec. L'équipementier sportif Adidas a annoncé lundi la délocalisation en Asie de deux usines prototypes qu'il avait ouvertes en Allemagne et aux Etats-Unis. Un propos surprenant, tant le groupe allemand avait mis en avant ces développements. Le projet Speedfactory, lancé en 2015, avait pour vocation de rapprocher la production des foyers de consommation. L’usine, avec ses robots, permet de produire des chaussures de course personnalisées et de les livrer rapidement au client final.


Lukas Barth/AFP


Adidas avait signé un accord avec le groupe industriel Oeschler pour créer les premières unités de production à Ansbach, en Allemagne, et à Atlanta aux Etats-Unis. Mais le groupe a donc décider d’arrêter "en avril 2020 au plus tard" la production sur les deux sites.

Avec environ un million de paires par an, la proportion de chaussures fabriquées dans les deux jeunes usines robotisées reste marginale comparée aux 400 millions de paires écoulées par Adidas.

L'avenir des 160 salariés du site d'Ansbach reste incertain. Claudius M. Kozlik, , le patron d'Oechsler qui gère les usines, dit "regretter" la décision d'Adidas, selon le même communiqué. La coopération entre les deux acteurs doit néanmoins se poursuivre dans la production de semelles pour les chaussures utilisant la technologie Boost, pour des chaussures de football et pour l'impression de semelles 4D conçues pour s'adapter au poids et à la marche du client. Des produits sur lesquels la marque communique largement actuellement.

Adidas a précisé de son côté qu'il va poursuivre la recherche sur les chaussures du futur sur son site bavarois de Scheinfeld, appelé adiLab.

Le groupe envisage ainsi de produire d'autres catégories de chaussures dans ses usines robotisées, ce dont profitera désormais le continent asiatique.

"Les Speedfactories ont joué un rôle déterminant dans notre volonté de pousser plus loin nos capacités d’innovation et de production. Grâce aux délais de développement et de production raccourcis, nous avons fourni aux clients sélectionnés des produits hyper pertinents pour des moments importants. C'était notre objectif dès le début. Nous sommes maintenant en mesure d’associer ces apprentissages à d’autres progrès réalisés avec nos fournisseurs, en tirant parti de la totalité de ces technologies pour pousser notre souplesse et notre modèle économique tout en élargissant simultanément la gamme de produits disponibles ", a déclaré Martin Shankland, membre du conseil d'administration d'Adidas AG et responsable des opérations mondiales.
 
Les usines déployées en Allemagne et aux Etats-Unis ont donc permis de préparer une nouvelle génération d’usines à installer en Asie. Si le modèle peut permettre de faire passer au niveau supérieur la production des produits personnalisés du groupe, on est bien loin du projet initial d’Adidas.

Les Speedfactories devaient en effet permettre à Adidas de devenir une entreprise de « Fast Sport », en analogie à la « Fast Fashion ». Mais les racines du concept misaient sur des productions locales en courtes séries pour proposer aux clients des chaussures uniques en quelques jours, voire quelques heures.
 
Vraisemblablement, le modèle économique ne tenait pas. Il est toutefois surprenant de voir Adidas retoquer un dossier sur lequel le groupe a lourdement investi, tant industriellement, qu’en communication. Les Speedfactories devaient être le fer de lance de l’innovation du groupe, liée à une production locale vue comme plus vertueuse, la nouvelle génération d’usines revenant en Europe et aux Etats-Unis.

Reste à voir si les Speedfactories valideront leur potentiel en Asie ainsi que le rythme auxquelles elles seront déployées.


(Avec AFP)
 

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